Mon premier site web qui a eu une petite notoriété était un site autour d’un sport / loisirs. C’était avant l’an 2000 ! Depuis, j’en ai eu plusieurs dizaines sur lesquels j’ai publié beaucoup de contenu informationnel, que ce soit sur des sites ou sur les réseaux sociaux.
Avec parfois des erreurs de ma part dans les contenus publiés et avec parfois des retours d’utilisateurs mécontents – à tort ou à raison.
Et puis mécaniquement, lorsque les publications drainent du trafic (5 millions de pages vues par an), il y a toujours des personnes promptes à entrer en contact, commenter, argumenter ou se plaindre. Vu l’importante exposition des contenus, j’ai eu finalement très peu de mauvais retours.
Petit florilège de situations rencontrées via email, courrier, de vive voix…

La mauvaise foi
Je crois que c’est la situation que j’ai le plus rencontrée sous des formes les plus variées possibles. Que ce soit « le stagiaire » parce qu’on n’assume pas, ou « ce n’est pas moi » ou « ce n’est pas vrai », « je ne l’ai pas écrit »… il n’est jamais agréable de se faire prendre la main dans le sac ou de se retrouver coincé après une explication rationnelle. Et montrer la mauvaise foi ne fait pas pour autant changer d’avis la personne en face.
La personne sympa qui contribue
Rencontré peu souvent, c’est une personne qui vient proposer son aide ou du contenu (surtout des photos et parfois du texte), et ce, sans contrepartie. Avec parfois de belles pépites. Je me souviens notamment d’un internaute qui avait fait un jeu complet et l’avait proposé gratuitement. La situation est plus difficile lorsque la personne fournit un contenu de vraiment mauvaise qualité et qu’on doit annoncer qu’on ne peut pas le publier.
Le demandeur d’emploi
Ce cas est vraiment fréquent. Et moi, il me pose question, car souvent la personne ne sait pas qui elle contacte. Pourtant, je n’ai jamais essayé de me faire passer pour un autre : les pages « À propos », « Qui sommes-nous » et les « Mentions légales » sont pourtant accessibles et non cachées.
Celui qui se fait passer pour un autre
Pas forcément facile à repérer. Ça peut être quelqu’un qui se fait passer pour un tiers de confiance, un concurrent. Ou quelqu’un qui veut gratter un lien ou encore une rémunération.
Le sans-gêne qui tente le tout pour le tout
C’est l’histoire d’une publication qui listait des contenus de qualité avec liens pour en savoir plus. Remarquant le trafic entrant vers son site, une des entreprises listée exige la suppression de sa mention et menace de mettre son avocat sur le coup, car sa charte graphique était très très ressemblante avec celle de mon site. Mon site avait cette charte graphique depuis longtemps et le sans-gêne venait de refaire la sienne. Pas de chance, son agence s’était inspirée de mon site, c’était flagrant. C’était donc plutôt à moi de me plaindre ! J’ai supprimé sa mention, il n’est pas allé plus loin.
Celui qui dit qu’il a le bras long et menace
En tout cas, c’est ce qu’il dit. Mais, on attend toujours.
Celui qui a vraiment le bras long
Recevoir une convocation au service de la répression des fraudes, ce n’est pas drôle. Heureusement, tout était carré (une histoire de prix non actualisé sur un listing de prestataires alors que le prestataire n’avait pas répondu à plusieurs emails de relance de mise à jour de prix). Était-ce un contrôle de routine ou une délation, on ne saura jamais. Leçon retenue : garder des preuves de ses actions.
Le troll
Celui-ci remonte à très longtemps, aux origines du web 2.0 lorsque les internautes pouvait participer et que la modération des publications se faisait à postériori. Il a fallu d’un seul message pour qu’en l’espace d’une nuit, un bon gros troll de plusieurs centaines de messages soit publié. Tout est parti d’une attaque personnelle sur un trait physique d’une personne. Et dans la communauté, tout le monde en a parlé.
Après avoir fermé en urgence la possibilité de commenter à la première heure le lendemain, nous sommes passés à une modération à priori. Ça aussi été l’occasion de se confronter à la subtilité juridique qu’il y a entre hébergeur et éditeur de contenu.
La maladresse et la stupidité
On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Et encore moins quand le propriétaire du site web est une association qui reçoit des subventions. C’était en 2001 ou 2002 et faire tomber des avions sur des tours était encore présent dans tous les esprits. Faire un montage photo grossier et potache présentant des figures connues grimées en barbus armés en tant que section locale affiliée à l’asso n’avait pas été du goût de la mairie. Et honnêtement, ce n’était pas très fin de notre côté.
Rien à voir
Il y a des fois où il faut relire les messages reçus plusieurs fois. Parce qu’on ne comprend pas. Mais alors pas du tout. L’expéditeur nous parle d’un sujet qui n’a rien à voir. Ou bien demande à ce qu’on transmette son message à une personne inaccessible (le président de la République – véridique, ou un acteur célèbre – véridique aussi).
Autant, en tant que spécialiste d’Internet, on est parfois perché et coincé dans sa tour d’ivoire et on n’arrive pas à s’adapter au niveau du grand public, autant certains internautes ne comprennent vraiment rien à rien. Pas étonnant qu’il y ait des incompréhensions ensuite.
Le spam, les arnaques
Un grand classique à travers les formulaires, les emails et les commentaires. Parfois très bien faits. Souvent, vraiment mauvais.
Celui qui a fauté, mais pour la bonne raison
Si une photo se trouve sur Google, on peut la prendre, non ? Et bien non. Plusieurs fois, j’ai été obligé de contacter des voleurs de photos pour leur demander de respecter mes droits. Mention spéciale à une entreprise qui « ne savait pas » et qui ne « pouvait pas » payer. L’avocat avait proposé un règlement amiable. Ne souhaitant pas payer, il s’était longuement plaint, voulait venir s’excuser au bureau et demandait de ne pas payer. Au final, il n’a jamais payé (mais il a supprimé la photo de son site).
Celui Ceux qui insultent
Hélas fréquent. Certaines personnes mécontentes ne prennent pas de pincette et sont impolies, vulgaires ou agressives. Avec des réactions disproportionnées et des attaques personnelles. Surtout sur les réseaux sociaux. Caché derrière un pseudo, c’est plus facile… Pensée spéciale aux community managers qui doivent subir la bêtise d’une partie des utilisateurs tout au long de la journée et arriver à répondre de façon drôle ou détachée aux messages négatifs.
Celle qui oublie de couper son micro
On termine avec un dirigeant d’entreprise qui se plaint parce que son entreprise n’est pas listée dans une publication de type « Top 5 sur… ». On convient d’un RDV téléphonique, il y a plusieurs personnes à l’autre bout du fil. La personne essaie de me convaincre de lister son entreprise.
Soudain la voix principale au téléphone change, c’est désormais une voix beaucoup plus âgée. La nouvelle voix m’explique qu’elle est la fondatrice, ancienne dirigeante et parente du dirigeant actuel. Monologue. Impossible de placer un mot.
Au final, j’accepte de densifier mon contenu, car les nouvelles informations sont vraiment intéressantes. À la fin de la conversation, la voix âgée, croyant avoir raccrochée, s’adresse à ses enfants et dit « Et bien voilà, il suffisait de savoir s’y prendre, on l’a eu ! ». Adepte du gagnant-gagnant, cette fin de discussion m’a laissé dubitatif. Pas besoin d’écraser les autres pour arriver à ses fins (oui, je suis un peu naïf).
Et vous, avez-vous des anecdotes liées à votre quotidien d’éditeur de site web à partager ?