La technique du succès

Ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé de bouquin.  Il y a quelques années, j’avais pris l’habitude de me réserver du temps pour lire, prendre des notes et tenter d’appliquer les idées qui me plaisaient bien dans mes différentes lectures. J’avais alors lu la quasi totalité du Personal MBA, ensemble de livres censé résumer ce que l’on peut apprendre dans un MBA (l’expérience des enseignants et le réseau en moins).

La plupart des livres proposés sont fortement emprunts de la culture américaine et j’avais trouvé par hasard, sur un forum dédié à la finance, un livre d’un auteur français du nom d’André Muller qui a mené de front plusieurs chantiers importants dans son cœur de métier : le droit et la comptabilité. Ouch.

De prime abord ça semble beaucoup moins drôle à lire que la semaine de 4h de Tim Ferris, la lean startup d’Eric Ries ou Rework des dirigeants de Basecamp. Et pourtant. J’ai dû lire ce livre la première fois au début des années 2010 et si j’en parle seulement maintenant, c’est que 10 ans plus tard, j’y reviens encore régulièrement.

Le livre, la technique du succès

On pressent tout de suite la rigueur et la personnalité (droit au but) de l’auteur. On va à l’essentiel et le plan d’ensemble est bien balisé. En substance, si la volonté, la force de travail et l’abnégation sont là, les résultats suivront. Il y en a quand même 180 pages, hein !

Le livre parle des freins classiques : « je ne suis pas assez bon », « c’est trop tard », « je n’ai pas le temps »… qui sont souvent de commodes excuses puis enchaîne avec l’objectif que l’on se fixe. The sky is the limit paraît-il, alors autant viser haut vu que la principale limite c’est nous même. Et sans cap, pas de bon vent (encore Sénèque, que j’ai déjà cité dans l’article précédent). Alors après avoir défini son objectif, voici venu le temps de mettre sur pied un plan d’action.

L’auteur explique ensuite qu’il ne faut pas dévoiler ses projets à d’autres personnes. Et il explique pourquoi. Ce qui va à l’encontre d’autres conseils que l’on rencontre souvent. Cette approche dissonante pousse à la réflexion et c’est tant mieux.

Après un passage obligé sur la procrastination, il y a plusieurs chapitres dédiés à la prise de décision qui me parlent parfaitement :

  • Agir et se forcer à produire ;
  • Finir ce qui est commencé ;
  • Se fixer des délais et les tenir ;
  • Décider vite et bien (de toutes façons, on va se planter, alors autant que ce soit fait vite et que l’on passe à autre chose) ;
  • Inbox 0 et traitement immédiat des petites tâches : on retrouve pas mal de similarités avec d’autres méthodes d’organisation ;
  • Pour les grosses tâches, saucissonnage en règle pour mieux les traiter ;

André Muller parle aussi de l’importance de lever le nez du guidon, de s’accorder du temps pour faire le tri dans ses idées, les enrichir et les faire grandir : sans remettre en cause l’objectif et le plan d’ensemble, l’expérience doit être mise à profit pour atteindre mieux et plus vite les buts visés.

Et pour cela, il faut apprendre et accumuler des connaissances. Le truc pour garder en mémoire tout ce que l’on rencontre, c’est d’y trouver un intérêt. Facile à dire ? La difficulté ce n’est pas d’apprendre, c’est de trouver l’intérêt. En déplaçant le sujet de l’apprentissage vers la découverte d’intérêt, on prend le problème sous un autre angle et ça peut débloquer pas mal de situations.

Avec l’intérêt + les connaissances, la troisième brique importante selon l’auteur c’est l’information de qualité. Savoir théorique + bons process + données de qualité = tous les bons ingrédients pour prendre de bonnes décisions. Il faut être suffisamment curieux et savoir faire des parallèles pour exploiter au mieux la bonne info parmi le déluge d’info-pollution qui nous tombe dessus tous les jours.

Pour finir, le livre parle de la nécessité de rester ouvert au changement et de l’importance de garder la foi dans son objectif, son plan et ses idées.

Il y a vraiment des idées nouvelles dans ce livre et l’approche méthodique (dirigiste diront certains) change pas mal de la plupart des autres livres sur le sujet. Alors, oui, ce livre mérite d’être lu. Pas forcément en premier mais après plusieurs lectures de bouquins américains, au moment ou, à force d’être caressé dans le sens du poil, on est un peu trop dans sa zone de confort…

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