La grand-messe de Google dédiée aux développeurs et aux power-users vient de se finir. Durant la présentation Google I/0 2026, le grand absent a été… la recherche « classique ».

Sundar Pichai, le directeur général de Google a présenté pendant presque 2 heures les projets majeurs de Google. L’IA était partout et la recherche sur le web n’aura été abordée qu’à la 45ème minute.
Le Google classique, avec les liens bleus, c’est fini. Sundar Pichai lui avait déjà donné 10 ans max ce début d’année. Au vu des projets présentés, ce sera plus rapide. Pour les professionnels de la recherche et les profils SEO / SEA, la transformation, c’est maintenant, au risque de se retrouver d’ici peu de temps, tout seuls à se battre sur des enjeux dépassés et à côté du marché.
Ce qu’il faut retenir en 2026 pour les propriétaires de sites web
Comment imaginer sa présence sur Internet si ses pages web et ses présences sociales ne sont jamais montrées aux internautes ? Comment nourrir les bots avec les bonnes informations pour être considérés et proposés aux utilisateurs et aux autres robots ?
- Google n’a pas besoin de nos informations ni de nos sites web. Toute l’information « evergreen » a été pillée, vectorisée et est servie aux utilisateurs sans contrepartie ;
- Les acteurs qui consentent à ce que les IA viennent piller leurs contenus doivent mieux organiser l’information (données structurées, graphes de connaissances, protocoles d’accès de l’information aux robots tels que UCP, A2A, MCP…). C’est une fuite en avant mais un passage non négociable pour toutes les activités qui vivent sous perfusion du trafic des GAFA ;
- L’attribution devient plus difficile et le brouillard numérique redonne de l’intérêt au marketing fondamental ;
- Les données first-party sont plus difficiles à collecter mais aussi plus valorisées et le marketing automation gagne des points ;
- Le trafic organique (social, search, assistants…) se réduit (devient négligeable ?) face à l’acquisition publicitaire.
Les usages des internautes en 2026
Ce qui ne change pas, c’est qu’il faut être présent là où sont les utilisateurs.
- Les internautes en ont marre du Google classique qui propose des résultats de mauvaise qualité (merci les SEO et la publicité) ;
- Les utilisateurs veulent de la vidéo et des réponses rapides (plutôt que des réponses justes et complètes) ;
- Les utilisateurs veulent ressentir de la proximité, qui peut être locale ou empathique, avec quelqu’un ou un outil qui semble les comprendre vraiment ;
- ChatGPT et tous les assistants ne sont pas encore incontournables. L’IA s’intègre petit à petit dans les usages (retouche d’image, résumé de réunion, suggestion…). Au fil des mois, ces fonctionnalités deviennent indispensables et les utilisateurs deviennent accros ;
- Même si les enjeux liés aux données personnelles sont mieux intégrés, la plupart des utilisateurs est prêt à céder ses données en échange d’un service « gratuit » ;
- La majorité des utilisateurs ne sait pas se servir des outils IA. Dans le monde du travail, des travailleurs augmentés capables de livrer beaucoup plus vont creuser un écart considérable avec les juniors mais aussi avec tous les professionnels qui font simplement leur travail à l’ancienne. La confrontation va être rugueuse et poser de vraies questions de société.
Le paysage de l’IA et de l’informatique en 2026
Tout s’accélère et ce n’est que le début.
- Le token devient l’unité de base ;
- L’informatique se polarise : vers les centres de données d’une part et vers l’informatique edge d’autre part (IoT, capteurs, smartphones, wearables) ;
- Les SAAS se transforment ou meurent. L’informatique à base d’agents les remplace ;
- Celui qui a suffisamment de données que les autres n’ont pas et qui peut les livrer à des robots avec une contrepartie reste dans la course. Les autres disparaitront ;
- Des puissances de calcul phénoménales sont déployées et vont encore être déployées. Les coûts associés sont très élevés. Des goulots d’étranglement sont déjà visibles et tout le monde ne pourra pas accéder aux ressources informatiques ;
- Une vraie bataille se prépare avec des enjeux de souveraineté (terres rares, usines de puces, datacenters, énergie).
Ce que font les GAFAM en 2026
Rester indispensable et toujours en contact avec l’utilisateur. Tout en conservant des fondamentaux financiers solides.
- Chaque acteur majeur de l’informatique et de l’IA essaie de se positionner sur toute la chaîne de valeur (puces, infrastructures, plateformes, modèles, services, applications, distribution) ;
- Chaque acteur majeur essaie de capitaliser sur ses données pour entraîner mais surtout pour apporter la bonne réponse à chaque cas d’usage. Le contexte (somme des données connues autour d’un besoin unique) est un raccourci pour l’utilisateur et un avantage concurrentiel qui s’amplifie avec l’usage. Dit autrement, celui qui apporte la bonne réponse alors que l’utilisateur fournit le moins d’effort possible, gagne. Et cet avantage se renforce à chaque usage ;
- C’est pourquoi tous les acteurs forcent l’adoption de leurs outils. Ils y sont financièrement perdants à court terme mais préparent le futur ;
- La logique du tout gratuit lié aux débuts d’Internet disparaît. Non payant = service basique. Abonnement mensuel = service premium ;
- La publicité mute à marche forcée (contexte + audience) et promet d’être encore plus pertinente (le bon service, à la bonne personne, au bon moment, au bon prix).
Les défis et les projets de Google
Réussir la migration de la recherche vers l’omniscience tout en limitant les risques d’abus de position dominante.
- Renforcer la collecte de données, notamment en absorbant les données de la vraie vie (vidéo, image, son), pour les intégrer à son modèle du monde (géolocalisation, règles de physique, interactions complexes hommes / machines…) ;
- Proposer une recherche omnisciente : répondre au besoin de l’utilisateur avant qu’il ne le formalise et devenir l’assistant incontournable du quotidien ;
- Finaliser la bascule de Google Ads des mots-clés vers les intentions et les audiences afin d’être prêt à intégrer les publicités partout.
Et maintenant la Keynote à regarder en gardant en tête les explications précédentes. Bon visionnage.