L’IA est partout, mais la valeur, elle, se cache souvent là où on ne la cherche pas et la plupart des entreprises confondent usage et maturité. On appelle cela le piège de la ‘fausse productivité’ : on gagne 10 minutes par-ci par-là, pendant qu’on ignore les risques ou les opportunités massives d’automatisation métier.
Alors, voici 2 questionnaires pour prendre un peu de recul et forcer à la réflexion et identifier ce que vous ne savez pas encore que vous ignorez. Le premier est destiné aux fonctions marketing et aux créateurs de contenus. Le second est dédié aux équipes dirigeantes des PME.

Ces outils sont conçus comme des « catalyseurs de diagnostic » plutôt que des examens rigides. D’ailleurs, leur contenu et les scores obtenus ne sont pas le plus important. Via leur côté accessible et ludique, ils servent de support à la réflexion et permettent de questionner ses pratiques actuelles afin de poser les bases pour construire l’avenir avec l’IA sans perdre de vue l’essentiel.
Améliorez-les et partagez ! La bonne idée de départ vient de MarketingAlec.
Ces 2 questionnaires sont disponibles sous forme de prompts à télécharger :
- Prompt d’auto-évaluation d’adaptation et de maturité IA pour les profils marketing et contenu
- Prompt d’auto-évaluation et de diagnostic d’usage IA pour le dirigeant d’entreprise
Questionnaire pour les utilisateurs d’IA (profils marketing et contenu)
Dans ce questionnaire, on recherche à appréhender l’usage réel. Est-ce que l’utilisateur se sert de l’IA pour amplifier ses capacités, travailler mieux et plus vite tout en respectant les garde-fous de l’entreprise ? Certaines questions poussent l’utilisateur à réfléchir à l’efficacité plutôt qu’à la technologie pure, tandis que d’autres induisent que l’expert marketing reste le pilote.
- Axe 1 : Maîtrise méthodologique et critique. L’objectif est d’évaluer si l’utilisateur subit l’IA ou s’il la pilote avec discernement.
- Axe 2 : Performance et impact opérationnel. L’objectif est de mesurer le gain de productivité réel et le remplacement des tâches à faible valeur ajoutée.
- Axe 3 : Standardisation et collaboration. L’objectif est de voir si l’IA sort de la pratique individuelle pour devenir un actif de l’entreprise.
- Axe 4 : Automatisation et connectivité. L’objectif est d’évaluer le passage de l’IA conversationnelle (« Chat ») à l’IA intégrée.
- Axe 5 : Gouvernance et culture d’apprentissage. L’objectif est de mesurer la pérennité de l’adoption et la veille stratégique.
Questionnaire pour les dirigeants
Pour ce questionnaire, l’idée est de confronter le dirigeant à des situations concrètes lorsqu’il répond « Non » ou « Je ne sais pas » et d’obtenir le fameux « moment aha ». Certaines questions pointent indubitablement des problèmes de gouvernance. Ce questionnaire permet aussi de suggérer un chantier potentiel (sécurité, bibliothèque de prompts, automatisation CRM). Enfin, il valorise l’IA comme stratégie : On dépasse le stade du « Comment faire un post LinkedIn » pour parler de « Patrimoine numérique » (c’est-à-dire la somme de vos données, de vos process et de votre savoir-faire encapsulé dans le système d’information) et de « Cycle de vente ».
- Axe 1 : Sécurité et patrimoine numérique. L’objectif est de faire comprendre au dirigeant que l’usage sauvage de l’IA est un risque.
- Axe 2 : Efficacité et valeur ajoutée métier. L’objectif est de sortir du gadget pour parler rentabilité.
- Axe 3 : Standardisation et actifs immatériels. L’objectif est de montrer que l’IA doit être un savoir-faire d’entreprise, pas un talent individuel.
- Axe 4 : Intégration et données. L’objectif est d’identifier les chantiers de connexion d’outils.
- Axe 5 : Culture et vision long terme. L’objectif est de préparer la conduite du changement.
Des besoins et des attentes différents
| Axe | Utilisateur (productivité) | Dirigeant (stratégie) |
| Données | Qualité des prompts & outputs | Sécurité & Patrimoine numérique |
| Process | Gain de temps individuel | Rentabilité & Scalabilité |
| Vision | Veille technologique | Culture & Conduite du changement |
La zone de danger
Dans une PME, un score de maturité moyen (41-60) est plus dangereux qu’un score nul. Pourquoi ? Parce qu’il crée un faux sentiment de sécurité. Cette zone est vraiment dangereuse : le danger n’est pas de ne rien faire, c’est de croire qu’on a « coché la case IA » avec des gadgets, laissant la porte ouverte à des concurrents qui restructurent leur business model en profondeur.
- L’illusion du progrès : Vous automatisez vos réseaux sociaux (tâche visible mais à faible impact financier) tout en laissant vos processus critiques (SAV, qualification de leads, gestion de données) sur des méthodes obsolètes.
- Le coût d’opportunité : Pendant que vous vous félicitez d’utiliser l’IA comme un ‘super Google’, certains de vos concurrents l’utilisent comme une infrastructure.
- La dette technique : Enfin, un usage moyen sans gouvernance signifie que vos données s’éparpillent sans créer de valeur pour l’entreprise.
Ce questionnaire n’est pas là pour valider vos acquis, mais pour exposer vos vulnérabilités stratégiques.
Et après le questionnaire ?
Soyons franc : ce questionnaire mesure surtout la perception que les répondants ont d’eux-mêmes, pas leur compétence réelle. Mais à défaut d’avoir mieux…
Il faut aussi se méfier des grands écarts entre les différents axes. Avoir un très bon score sur un axe ne rattrape pas la médiocrité dans les autres axes et peut même être contre-productif : connecter des outils inutiles et créer du slop automatise simplement le chaos.
Alors, une fois le questionnaire complété, vous pouvez poursuivre la discussion avec votre IA préférée. Les résultats seront meilleurs si votre IA dispose de suffisamment d’historique et de contexte :
- Est-ce que mes réponses sont conformes à mon historique d’interaction avec toi ?
- Explique les risques liés à ce score.
- Donne des priorités d’action par rapport à mon score.
À vous !
C’est dingue de voir cette analyse si lucide sur ce terrain de jeu qu’est l’IA. Ça change de la soupe qu’on nous sert sur LinkedIn où l’usage béat, sans prise de recul ni réflexion, est la norme. Bon après, il faut savoir chercher les informations, croiser les sources et se faire un propre avis. Votre blog devrait être de notoriété publique et mérite d’être considéré avec délectation.