Croyances et performances en SEO

J’ai rencontré un prospect qui souhaitait comprendre comment améliorer ses performances en référencement naturel. Nous avons convenu de se mettre autour d’une table pour une première demi-journée de débroussaillage afin de faire le point sur l’existant, faire un tour d’horizon des évolutions de la recherche et des nouvelles attentes des moteurs de recherche.

homme demandant à Google du trafic
Google, place moi en première position et donne moi beaucoup de trafic !

Au bout de quelques heures d’échanges, j’étais fixé sur l’impossibilité d’avancer avec client. L’approche feuille de route dont j’ai déjà parlé ici permet de « sentir » les situations et évite de se retrouver avec des projets impossibles sur les bras.

Le client, le secteur, la concurrence

Le client n’en est pas à son premier site et ça fait plus de 10 ans qu’il optimise ses différentes présences en ligne. Sans être technicien, il est sensibilisé au fonctionnement de Google, à l’importance d’optimiser pour Google et a pu remarquer les effets de ses interventions dans les SERPs.

Il intervient dans un secteur ou Internet est incontournable et dans lequel les Internautes sont souvent des mobinautes (voyage). Les sites les mieux placés raflent les meilleurs clients (ceux qui veulent une prestation tout de suite). Les autres récupèrent les clients plus pénibles qui cherchent le meilleur prix, qui comparent, qui négocient…

Pour revenir au SEO

Le client dispose de plusieurs sites. Très obsolètes. Non responsive. N’inspirant pas du tout confiance. Avec de vilaines « astuces » de type texte blanc sur fond blanc, bouillie de mots clés, contenu massivement dupliqué et pages satellites. Le netlinking est peu engageant à base d’annuaires et surtout aucun lien ne dispose de la moindre autorité.

Le client dispose aussi de plusieurs fiches Google My Business à la fois sur et sous-optimisées en contravention flagrante avec les règles de GMB.

La concurrence peut se ranger en 3 grands types d’acteurs :

  • les plus gros acteurs qui ont de jolis sites, plutôt bien pensés pour l’utilisateur ;
  • certaines petites entreprises ont des sites vitrine style « pages jaunes » ;
  • beaucoup de petites entreprises qui agissent comme mon contact : des sites bien en-deçà des standards de qualité et des « optimisations » qui sont interdites par les moteurs de recherche.

Il y a du travail mais rien d’insurmontable. Typiquement, c’est le type de projet que j’aime bien car on part de loin et le gain de performance est important.

Pourquoi ça ne marchera pas

J’en ai l’intime conviction, un travail SEO de fond est impossible dans le cas présent car :

  • le client ne peut/veut pas dépenser ;
  • le client cherche des astuces rapides à implémenter et ayant un impact franc et pérenne ;
  • le client ne veut pas se mettre à dos ses concurrents et néanmoins collègues en étant trop visible ;
  • le client veut faire tout seul mais ne peut pas y arriver ;
  • le client ne veut pas faire de modifications sur l’existant ou bien le client peut faire des modifications mais en gardant ses habitudes et ses propres techniques d’optimisations ;
  • le client a remarqué que certaines actions entraînant des conséquences mais confond corrélation et causalité. Il a des idées bien arrêtées sur ce qui marche et ce qui ne marche pas et n’écoute pas vraiment.

À quoi bon demander conseil à un spécialiste si c’est pour ne pas écouter ce qu’il explique ?

En général, les refus sont argumentés (il y a d’autres contraintes – budget, timing, exigence de résultats, approche, concurrence), parfois les refus répondent à une logique cachée (jeux de pouvoir en interne, ego, objectifs dissimulés ou en cascade…).

À mon avis, rien de tout cela ici. Il y avait beaucoup à dire sur l’existant et beaucoup à faire techniquement. Le client a retenu quelques actions (pas les plus simples – celles qui lui plaisaient) et a catégoriquement refusé la grande majorité (fusion et reprise de fiches GMB, refonte technique et du contenu du site, netlinking). Certainement que les nouvelles bonnes pratiques et règles de Google ne cadraient pas avec sa carte du monde du SEO…

Accepter ou pas la mission ?

Dans ce contexte, que faut-il faire ? Accepter un contrat, se protéger au maximum et viser petit d’abord, pour, une fois la confiance établie, travailler sur les sujets de fond et prendre le risque de ne pas avoir de résultats ? Ou bien refuser tout net d’aller plus loin et préférer d’autres projets plus fluides ?

Finalement, je n’ai pas donné suite même si j’ai bien appuyé sur les points importants. Mon devoir de conseil est fait, j’ai suffisamment alerté et je l’ai même écrit. Un jour à coup sûr, Google désactivera tous les faux comptes GMB et viendra donner un grand coup de balai dans tous ces sites (ceux du client et certains de la concurrence). J’aurai prévenu.

Une réflexion sur « Croyances et performances en SEO »

  1. Une mission a accepter bien-sûr ! Mais c’est un travail long et coûteux… et ça, le client doit le comprendre.
    JP

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