Quelle déception…

De temps en temps, je suis déçu par les actions de mes clients. Parfois, je me sens responsable de pas avoir réussi à les convaincre. D’autres fois, l’herbe était vraiment trop verte ailleurs et je ne pouvais pas rivaliser. Mais dans tous les cas, c’est toujours triste de voir que des relations de business vont se planter… je les aime bien mes clients.

Lorsque le client part chez 1&1

Après être passé par une grosse agence de comm locale, un client sur lequel nous avons été missionné pour du SEO a décidé de tout lâcher « le web ça coûte trop cher » pour partir sur l’offre vue à la télé chez 1&1. Pourtant les résultats sont là niveau SEO. Bon, j’avoue, le prestataire qui lui a fait le site facture cher. Mais il ne voit pas encore que tout le travail fait ensemble va très vite péricliter et qu’au lieu de faire une petite économie, il va réduire à néant son investissement.

Lorsque le client décide de détricoter le site web mis en place parce qu’il vient d’arriver et veut imposer sa patte

  • « On ne peut pas supprimer les titres ?« ,
  • « On peut enlever toutes les légendes sur les images ?« ,
  • « On peut garder seulement 4 pages ?« ,
  • « On peut remplacer ce pavé de texte pas beau par une grande image avec plein de texte dedans ?« ,
  • « On peut supprimer tous ces liens entre les pages ?« ,
  • « On peut interdire les gens de nous faire des liens ?« ,
  • « On peut supprimer les 3 langues et ne garder que l’anglais (sans faire de redirections c’est inutile) ?« 
  • … Et bonus hors catégorie : « On peut supprimer le contact ?« .

Tant qu’à faire, on peut aussi supprimer le site, non ?

Lorsque le client se focalise sur les micro-détails

Plutôt que de travailler le contenu, les actualités, faire du webmarketing ou travailler les conversions, pourquoi ne pas modifier 50 fois (chiffre véridique) les alignements, les marges, les nuances de teinte de la barre de menu et la taille du logo ? Alors souci extrême du détail ou procrastination pour ne pas avancer sur ce qui marche vraiment ?

Lorsque le client ne sait pas ce qu’il veut

Une jolie refonte est prévue. Avec la personne chargée de la communication, nous échafaudons un site web qui doit répondre aux nouveaux objectifs et à un virage stratégique : plus simple, plus accessible, meilleur pour la visibilité, responsive et surtout refléter les nouveaux changements qui correspondent quasiment un changement de métier… et de voir qu’au bout de plusieurs semaines d’échanges ce qui coince c’est un élément de détail d’une ancienne campagne de comm qui n’a pas été repris : la moitié de l’équipe veut le laisser tomber, l’autre moitié veut absolument le garder. Et le site dans tout ça ? On verra pour janvier ou pour juin 2014 alors… Comme quoi, les urgences sont toujours relatives.

Lorsque le client ne renouvelle pas son nom de domaine

Alors qu’on l’a prévenu au moins 5 fois et qu’il préfère s’en occuper lui-même mais qu’au final il n’a pas le temps et oublie de le faire et se le fait piquer.

Lorsque le client veut un site responsive design et force l’utilisation de largeur fixe

Sur une affaire perdue, le client souhaitait un site responsive design. Quelle dommage de voir quelques mois plus tard qu’un thème WordPress Responsive Design a été bricolé pour interdire l’affichage en mode tablette et téléphone. Le site est responsive design au delà de 1024px de large…

Lorsque le client décide d’en mettre plein les yeux à ses internautes

Et de faire travailler une agence de comm qui n’y connaît rien au web. Résultat : un site absolument pas pensé pour l’internaute ni pour le référencement disposant d’une ergonomie très avant-gardiste. Tellement avant-gardiste qu’il est difficile de naviguer dans le site web. Mais ce n’est pas grave, l’agence de comm a obtenu un « Web Award » pour son travail créatif. De la pub payée par un client, n’est-ce pas génial ?

Lorsque le client fait confiance à la mauvaise personne

Lorsqu’un prospect/client va voir un collègue compétent, je suis content pour lui. Mais quand il s’adresse à un pro qui lui vend du vent ou des prestations complètement dépassées, ça fait mal au coeur. Depuis 2011, j’ai vu dans le désordre :

  • des recommandations de balises Meta Keywords (par une très grosse agence),
  • des lectures de Google Analytics vendues comme recommandations SEO et facturées très chères,
  • un consultant SEO qui proposait en 2013 des megas footer avec plus de 50 liens sur toutes les pages du site vers des sites différents pour « optimiser le référencement »,
  • un site ecommerce complet qui traduit tout seul dans une dizaine de langues (c’était un Prestashop de base : l’outil est multilingue à condition de traduire soi-même tout le contenu ce qu’avait omis de préciser le vendeur).

À côté de cela, mes prestations ou j’explique au client qu’il va devoir bosser et que les résultats seront là sur la durée s’il s’y astreint suffisamment ne font pas le poids… il paraît que l’on peut devenir riche facilement et rapidement avec Internet…

Cet article est publié dans : Web et Internet.

10 commentaires pour Quelle déception…

  1. Quentin dit

    Malheureusement dans le monde d’internet et du business en général, le client est roi et il finit toujours par faire ce qu’il veut vu que c’est son argent. Vous n’avez en tout cas rien à vous reprocher, ils sont prévenus des risques qu’ils prennent et si ils se plantent ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-même.

  2. Florent dit

    Oui, Internet n’améliore pas un des problèmes de notre société.
    C’est-à-dire que le travail coute de l’argent.

    C’est un peu la même chose avec les produits qui coutent 10 fois moins que le prix normal. (vêtements, high-tech, …).
    Comment ensuite justifier aux gens le coût de nos prestations et nos produits…

    Surtout que sur Internet, c’est encore pire, car en faisant le mauvais choix, on aura dépensé son argent vraiment dans rien…
    Alors que par exemple, en achetant des vêtements premier prix, on pourra toujours s’en faire des chiffons ;-)

    Le grand défi des professionnels du web, est d’arriver à éduquer et informer les gens.

  3. cobolian dit

    J’y retrouve pas mal d’anciens clients.
    Ajoute « Mon fils de 16 ans va s’occuper du site a partir d’aujourd’hui » (vrai histoire).

  4. Je pense qu’il faut plutôt commencer a éduquer nos clients, voir les punir quand il font de grosses erreurs.
    Être un bon client, sa s’apprend et ça fait parti de notre rôle d’apprendre au clients à être de bon clients. Bien sûr le client est « roi » et c’est sont argent, mais c’est pas pour autant qu’il ne faut pas aider les clients a être de bon clients. Et les punir, si il le faut. On travail pour un résultat et une certaine qualité, éduquer un client qui ne sais pas comment se comporter en tant que bon clients, fait parti du projet et affecte grandement le résultat de celui-ci. Sans prendre cela en compte, peux important le niveau de compétences, le résultats ne serra pas le bon.

    Au final, on aime nos clients, ils nous font vivre. On peux bien faire l’effort de les aider a être de meilleurs clients .

  5. Bonjour,

    Je crois que nous avons tous vécu ce genre d’expériences et ce qui me chiffonne le plus, c’est:
    – les pseudos pros qui font n’importe quoi à prix d’or et qui décrédibilise toute la profession et dieu sait s’il y en a!
    – les grosses sociétés commerciales qui rémunèrent fortement des commerciaux sans aucun scrupules qui racontent n’importe quoi pour vendre leurs services merdiques et font croire au client qu’il lui font un gros cadeau commercial car il est leur partenaire pour s’installer en local!
    – nombre de professionnels se sont fait avoir en payant des sites qui ne sont pas dignes de ce nom (sans parler du référencement, inexistant) et après ne veulent plus rien savoir d’internet, même lorsqu’un professionnel compétent ayant fait ses preuves leur fait un devis sans commune mesure (4 fois moins cher) avec ce qu’ils ont payé pour leur premier site, non pas parce qu’il leur fait un cadeau, mais tout simplement parce qu’il pratique une tarification juste.
    On pourrait encore en ajouter beaucoup et il est vrai que commercialement parlant, les professions du web sont exaspérantes.

    Amicalement,

    Bruno

  6. Ce post reflète totalement la réalité. Et pour le coup, je pense sincèrement que les publicités 1&1 diffusées à la TV risquent de faire grand mal à la profession, même si bon, je pense que cela ne durera qu’un temps. Mais une fois de plus, il faudra reprendre tout le travail de pédagogie derrière…
    Il y a aussi la belle bannière animée en flash qui fait de jolies couleurs que le client tient par-dessus tout à conserver :) Vu récemment avec un garagiste qui paie son abonnement/crédit déguisé depuis 3 ans et pour encore 2 ans pour un site de 4 pages en DC à un tarif exorbitant :/

  7. Isa dit

    Pour chaque nouveau client, on peut s’attendre à des déconvenues. Et, comme il n’y a pas de client-type, les déconvenues peuvent vite se multiplier si on ne rédige pas un contrat en béton. Le pire, à mon avis, c’est le client qui vous appelle au téléphone tous les quatre matins pour modifier là une virgule, là un alignement de texte : c’est à devenir chèvre. Dans ce cas, il vaut mieux prévoir que le client modifie lui-même son contenu par l’intermédiaire d’un CMS.

    Il faut voir le bon côté des choses : toutes ces « mauvaises expériences » servent à se remettre en question (et surtout à modifier son contrat-type).

  8. Alexandre dit

    Bonjour,

    Véridique…

    Le client est roi n’est-ce pas ? Et ça se voit d’autant plus dans le web. On n’a pas le client en fasse de nous alors forcément, ça monte sur ses grands chevaux ;-)

    Le pire dans l’histoire ce sont les détails les plus superflus qu’il faut améliorer, ou encore quand le client ne comprend pas quelque chose et que ça devient naturellement de votre faute…

  9. Romaric dit

    Le client est roi, mais quand il est con, alors il est con ! Ce genre de situations arrive surtout quand on a en face de soi des quinquagénaires, sexagénaires (pardon, si je choque), des gens qui ne comprennent pas internet, et savent pas comment ça marche …

  10. Il est parfois difficile de faire entendre raison. La clé pour éviter les 50 modifications de marge réside parfois dans la rédaction d’un cahier des charges complet qui permet de se protéger de ce genre de demandes (qui n’ont pas de réelles utilités pour le client comme vous l’avez souligné).

    Le référencement est un travail de fourmis et les résultats se font un peu trop attendre pour la majorité des clients. Cela peut se comprendre par le fait que chacun est spécialisé dans son métier et qu’ils n’ont pas forcément idée de ce qui se cache derrière « SEO ». Certains auront juste besoin qu’on leur explique, d’autre non.

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