Pourquoi le référencement coûte cher

Il n’est pas rare que des prospects me demande pourquoi les prestations de référencement sont si chères. Cela est particulièrement vrai si le client a déjà fait le tour des prestataires et est tombé sur des offres très alléchantes (via email ou plus simplement de la part de son agence web ou depuis Google directement). Le cas de l’informaticien en interne qui explique que le référencement c’est facile et rapide est, elle aussi, fréquente. Pour couronner le tout, ces offres sont souvent garanties.

Alors, lorsque l’on arrive après, le client est forcément étonné des grandes différences de prix et se demande si nos prestations ne sont pas un peu survendues. Il faut alors expliquer que ce que propose la concurrence est complètement différent de ce que nous faisons et on est parfois obligé d’avouer que certains concurrents travaillent avec des techniques dépassées, innefficaces ou pire interdites.

Ainsi, il est bon de rappeller que :

  • il est très difficile de proposer des garanties sur un référencement (tout du moins des garanties sur des mots clés intéressants),
  • le référencement prend du temps (être premier sur Google via Adwords sous une semaine ne compte pas, on est d’accord),
  • qu’un travail important du côté du client devra être fourni (rédaction de textes, veille, sollicitation d’échanges de liens, validation de tactiques à mettre en place, re-positionnement et réflexions sur de nouveaux mots clés, tests…).

Le référencement ne s’automatise que très peu. Bien sur, des logiciels sont là pour surveiller l’évolution des positions dans les SERPs, suivre les opérations de netlinking et assister les audits SEO mais la réelle plus-value est ailleurs.

Prestation technique de conseil, le référencement est un métier ou connaître les stratégies à mettre en place est à la portée de tous :

  • créer de contenu trouvable et compréhensible pour les robots et les humains,
  • créer des liens qualitatifs et quantitatifs vers le site à référencer.

Tout le talent du bon référenceur est donc dans la mise en place des tactiques les plus efficaces par rapport à l’écosystème du site web à référencer (la thématique, la concurrence, les autres prestataires SEO, les mots clés au ROI le plus intéressant…)

Pour arriver à des résultats pertinents, il font compter sur :

  • l’expérience du référenceur,
  • sa connaissance des enjeux du web et la compréhension des enjeux et besoins du client (marketing, mesure du ROI, optimisation des conversions, définition de KPIs),
  • son approche non technique des problèmes de référencement (rédaction pour le web, sémantique, psychologie de la persuasion -> petit padawan, comme tu es particulièrement intelligent et que tu mérites de réussir, n’hésite pas à faire un lien vers mon site ici et maintenant, tu deviendras riche, beau et célèbre),
  • sa connaissance technique (développement web de base, fonctionnement des moteurs de recherche, webmastering),
  • sa capacité à mettre à jour ses connaissances et à les appliquer efficacement.

Et dans les petits plus :

  • sa capacité à expliquer simplement au client des notions complexes et à le convaincre de mettre en place ses recommendations,
  • sa culture générale étoffée,
  • son inventivité avec la mise en place de tactiques innovantes,
  • son esprit compétitif et sa pugnacité à long terme.

Tous les points précédents sont difficilement industrialisables. Ils nécessitent donc du temps de cerveau. Et cela coûte cher. Mais le résultat est aussi en rapport avec la somme que l’on est prêt à mettre.

16 réflexions au sujet de « Pourquoi le référencement coûte cher »

  1. Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter là, les clients qui trouvent que c’est cher sont de mauvais clients (je ne le dis pas par arrogance mais par expérience). SI tu factures 50 euros de la journée, t’es considéré comme de la m**e. Ce type de client je les renvois dans les supplémentals results.
    Faut pas hésiter à dire non à un prospect qui ne valorise ton travail qu’à un dixième du smic, car tu vas être pris dans un engrenage infernal mal payé > démotivation > mauvais référencement > …

  2. Bon recap.

    Je reviens juste un peu sur le terme « coûte cher ».
    Je pense que la méconnaissance du sujet a un impact fort dans la perception des prix.

    Le travail de référencement naturel est perçu comme assez virtuel. J’ai vu des clients dépenser 8000 euros dans un quart de page magazine + 6000 dans des flyers ne pas vouloir investir 3000 dans le ref de leur site.

    Le papier, c’est concret, on peut le toucher, même si la durée de vie de la « campagne » est forcément très réduite.
    Dans une PME, la publicité magazine rassure, et peu importe si la moitié des flyers partent à la poubelle sans être lus ou même vus.

    Pour bon nombre d’entreprises, confier un budget à un référenceur qui va faire un travail auquel on ne comprends pas forcément grand chose parait un peu plus risqué.

  3. @sylvain
    j’ai récemment convaincu un client de lancer une campagne Adwords en lui acquérant des leads au même prix unitaire que sa campagne d’un weekend dans un quotidien, j’ai eu de la chance d’en avoir pour encore moins cher, j’ai gagné le contrat.
    je pense qu’il faut parler le langage du client, lui ne voit que le ROI.

  4. Une personne est venue dans ma société le sourire aux lèvres pour me vendre du AdWords. Elle était confiante et me répétait « c’est garanti ».
    Elle vend aussi des encarts pour un magazine et ce n’est pas la même chose.
    Elle connaissait son refrain sur AdWords et je pense que les autres commerçants ont dû apprécier son discours.

    Le référencement naturel n’est pas garanti et ne le sera jamais. De même que AdWords propose du trafic garanti mais pas forcément des ventes qui en découlent.

  5. Comme dit le dicton : PPC is temporary; SEO is forever.

    Certes, il y a un coût d’acquisition, mais ensuite c’est sympa quand ça roule (presque) tout seul.

  6. Je reste un peu sceptique quand je lis des billets comme celui-ci.

    Avant de parler de « cher », il faudrait le remettre dans le contexte.

    Un référencement à 4 000 euros pour une petite chambre d’hôte dans un trou paumé, c’est cher. Par contre le même prix pour une boutique en ligne qui n’est pas sur une niche ça n’est pas cher.

    Comme je l’ai vu dans un commentaire plus haut, il faut parler retour sur investissement mais aussi se mettre à la place du client : à partir de combien de commandes/demandes serais-je rentable ? Toujours pour mon exemple du gite, l’amortissement se fera sur plusieurs années.

    D’ailleurs répondre à cette objection est facile :
     » – C’est cher !
    – Cher par rapport à quoi
    – A ce que je payer avant / vos concurrents / je m’attendais à moins
    – Ok, donc si j’augmente vos demandes de x%, vous serez rentable après x mois »

    Évidement, cela implique de savoir dire non quand le projet n’est pas viable pour chacune des parties.

  7. Je suis complètement d’accord avec Sylvain. C’est un problème de perception qui est dû à une non connaissance du travail à effectuer. Ce n’est pas cher, c’est simplement le prix du travail fourni.

  8. Entièrement d’accord avec Refschool.
    Par ailleurs certaines agences ne jouent pas leur rôle d’agence-CONSEIL en proposant tout et n’importe quoi.
    Je pense aussi aux appels ultra-ciblés des boites londonniennes type : »Bonjour, une place vient de se libérer sur Google et nous vous la proposons à pas cher ». Ca m’a toujours fait rire ça.

  9. Conversation intéressante, tant le billet qui pose la question de la difficulté à « vendre » une mission de référencement que les commentaires qui éclairent notamment sur le client à qui on s’adresse et pour qui la notion de « cher » peut varier considérablement !

    En effet, dans certains cas, et pour le dire en forçant un peu le trait, le référencement coûtera plus cher que le prix du site ! Dans d’autres, il représentera un poste budgétaire comme un autre. Ca dépend 🙂

  10. Il est difficile de présenter une prestation comme celle-là à un client et d’expliquer pourquoi le tarif est si élevé.

    Personnellement, j’ai moi-même du mal à le comprendre, même si je me rend compte du temps passé pour réaliser un bon référencement.

    Comment peut-on accepter de payer un coût aussi élevé pour une prestation qui au final n’apporte pas de valeur ? (La valeur ajoutée existe pour l’entreprise qui bénéficie de la prestation mais pas l’ensemble de la société)

  11. @Sebastien : Pour ma part, j’explique de façon très terre à terre l’impact d’un bon référencement à partir des statistiques de taux de clics en fonction de la position d’un site web dans les stats.
    Par exemple, passer de la position 5 à la position 1 multiplie par 7 le nombre de visiteurs (a peu près et uniquement sur SERPs classiques) : c’est un argument qui parle au client qui connaît son taux de transformation et qui peut facilement calculer si le coût de la prestation en vaut la chandelle. Je ne garantis pas une première place, j’explique seulement que le référencement apportera mécaniquement des visiteurs.

  12. J’avoue que c’était un de mes gros problèmes quand j’ai lancé ma boîte : combien facturer ce référencement naturel ? Je savais à peu près ce qu’il fallait que je gagne par heure pour m’y retrouver avec les charges mais les sommes s’envolaient vite et j’avais peur que ce ne soit trop cher.
    Après 3 mois d’activité et devant des clients qui, finalement, me demandaient souvent un devis pour une prestation ciblée et du conseil pour le reste, j’ai changé ma formule, radicalement.
    Je ne propose plus que les choses que je sais faire bien et rapidement donc pour pas très cher : rédaction des listes de mots-clés, optimisation du contenu in-page et off-page, campagnes adwords, animation des réseaux sociaux. J’ai abandonné le back-link manuel car ce n’était pas rentable et surtout chronophage pour un auto-entrepreneur.
    Par contre, je fais maintenant de l’audit-conseil pour entrevoir les solutions à mettre en place et de la formation pour le faire soi-même si on veut. Depuis, j’ai de bien meilleurs résultats (surtout que les transactions via Paypal et la livraison des articles ou des listes en moins de 48 heures, ça plaît bien).
    Par contre, je suis totalement d’accord avec vous sur le fait qu’un bon référencement naturel ça se paye et ça vaut le coup sur le long terme. Le côté « trop cher » peut justement être amoindri par le « do it yourself » et quelques fois, les apprenants sont vraiment intéressés par toutes les ficelles du référencement et le côté « jeu de positionnement ». 🙂

  13. @Redacweb : l’approche conseil do-it-yourself est quelque chose que je propose aussi pour les petits budgets. Et je pense que ce côté « coach référenceur » séduit les clients qui aiment mettre les mains dans le web et qui sont curieux.

  14. Il faut, je pense, aussi savoir adapter le prix de la prestation de ref aux mots-clés, marché, etc. Or bien trop souvent les agences ont un forfait dont elles ne bougent pas.

    C’est pas forcément futé, car pour bien se placer sur un mot clé concurrentiel demandera plus d’énergie et de temps que sur un mot clé bidon…

  15. En plus des connaissances requises, un référencement efficace demande beaucoup de temps ce qui peut en effet faire rapidement grimper la facture !

    Pour convaincre le client il ne faut pas hésiter à valoriser le retour sur investissement potentiel de la prestation en analysant en profondeur les statistiques du sites :

    – Quel est le chiffre d’affaire moyen par visiteur ?
    – A partir de quelle hausse des ventes suis-je rentable ?
    – Etc..

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