Le référencement est mort. Vive le référencement

apocalypse SEO
À chaque mise à jour Google, c’est la même tempête dans un verre d’eau

À chaque grosse mise à jour de Google, on entend les mêmes refrains « Le référencement est mort », « Google m’a tué », « Le SEO je n’y crois plus », « c’est fini, je n’utilise plus que Bing, marre de Google » et à chaque fois le métier de référenceur repart de plus belle.

Le référencement, ce métier d’acrobate

Si on analyse la situation on constate les faits suivants :

  • Google sait à peu près classer les sites web par « pertinence ».
  • Google, cependant, ne sait pas mesurer la pertinence d’un site web directement. Il ne sait mesurer que des effets de cette dernière : via le nombre de liens, via les votes depuis les réseaux sociaux, etc.
  • Les référenceurs font tout le possible pour élever leurs sites web plus haut que la place qui leur a été attribuée par les moteurs de recherche. Pour cela, ils agissent sur les facteurs de pertinence évoqués au point précedent : architecture du site, contenu, voisinage (les liens et les votes sociaux).
  • Pour compenser, les moteurs font évoluer leurs algorithmes afin de refaire descendre les sites sur-optimisés au risque de dézinguer des sites web légitimes et de compliquer le travail de tous (contraintes en terme de conception web, contraintes de classement pour les moteurs, contraintes pour l’internaute qui subit sans comprendre vraiment ce qui se passe).

Jeu du chat et de la souris, le référencement est donc un perpétuel recommencement ou chacun est contraint de jouer s’il ne souhaite pas descendre dans les classements et perdre sa visibilité. Et là est le problème. Certains sites web mériteraient de rester en tête de classement car leur contenu et l’apport à l’internaute est excellent même s’il n’ont pas beaucoup de like ou peu de liens (tout simplement parce que leur public n’utilise pas ses outils ou que la niche est composée de peu de sites web).

À l’inverse, certains résultats sont manifestement sur-classés (avec des bonus pas forcément légitimes aux sites anciens, de plusieurs milliers de pages ou encore bénéficiant de liens oubliés de la part de sites d’autorité). Et pour corser le tout, les moteurs peuvent décider de mettre des batons dans les roues des référenceurs (et d’embêter les webmasters qui n’ont rien demandé) en masquant par exemple les requêtes de recherche.

Revenir à une sélection manuelle ?

Les filtres automatiques n’étant donc pas fiable, faut-il revenir au principe des annuaires (Yahoo, Dmoz) à validation manuelle ? En faisant cela, le web se priverait de l’hyper réactivité du crawl et de l’indexation en temps quasi réel, serait confronté aux problèmes de copinage, d’opinions ou de compétences des modérateurs.

Évolutions des critères de SEO

  • Au début était le contenu et les meta-tags. Bonne idée jusqu’à que ces derniers soient abusés et détournés de leurs fonctions initiales.
  • Ensuite arrivèrent les liens et le diktat du contenu unique : bonne idée aussi jusqu’à ce que les échanges de liens, fermes, annuaires et autres communiqués de presse en détourne l’usage.
  • Puis vint le SMO. Les votes sociaux, les avis utilisateurs, les recommendations censés être de vrais voix de vrais utilisateurs s’achètent, se vendent et s’échangent…

Aujourd’hui que reste t-il ? Faut-il ré-inventer le contenu et sa diffusion en « demandant » directement aux bloggeurs des liens en espérant que cela ne se voit pas ?

Et si au lieu de faire dans la finesse et la qualité, il fallait y aller franchement ? Les référenceurs black hat exploitent des failles des moteurs de recherche, cherche énormément de liens de façon automatisé et produisent des réseaux de sites astucieusement maillés entre eux. Ces dernières idées ne sont pas en accord avec les règles édictées par les outils de recherche. Mais si les concurrents le font, n’est-il pas tentant de vouloir en faire autant ? Ou bien dénoncer ses concurrents le faisant ?

Au final, comment continuer à jouer (et gagner !) alors que les règles changent sans cesse et que certains concurrents trichent ?

Identifier les internautes

Et si tous les internautes étaient identifiés de façon unique ? Cela permettrait de savoir qui fait quoi, qui fait des liens, qui vend son profil Facebook contre quelque menu monnaie… Bonjour Big brother… Impossible à mettre en place, pas la bonne solution dans tous les cas.

Alors que faire ?

Internet est aujourd’hui bien saturé et la concurrence est rude. Le ticket d’entrée s’élève rendant difficile la pénétration du marché sur des niches de plus en plus nombreuses. Cela est vrai pour les entreprises souhaitant avoir pignon sur web mais aussi pour celles qui en tirent les ficelles…

Google avec sa position monopolistique ne laissent que peu de choix aux entreprises ? Pour être visible, Google préconise de faire un joli site, rapide, ergonomique avec un super contenu. Éventuellement et si ça ne marche pas assez bien, vous n’avez qu’à acheter de la pub. Ça tombe bien car Google AdWords de même que les nouveaux flux payants pour le e-commerce rendent possible un top positionnement sans risque… Alors s’il y a trop d’incertitudes ou de risques, autant payer Google directement, non ? En tout cas, on ne peut pas reprocher cette fois ci à Google de ne pas nous donner une solution tout faite et d’enfoncer le clou avec une technique qui marche à tous les coups. Au risque de perdre le capital confiance qu’il a acquis, au risque de susciter rancœur et sentiment d’injustice à son encontre.

Pendant ce temps là, le référencement évolue. Tout va bien donc. Jusqu’à la prochaine fois.

Image : Link-assistant.com

21 thoughts on “Le référencement est mort. Vive le référencement”

  1. « Éventuellement et si ça ne marche pas assez bien, vous n’avez qu’à acheter de la pub. Ça tombe bien car Google AdWords » qui croit encore (à part les « gurus » du seo) que google est un simple moteur de recherche… on se demande bien pourquoi il y’a plus d’argent dépensé en pub qu’en seo …;)

  2. @Jorge : « Qui croit encore que Google est un simple moteur de recherche » : la plupart des personnes dont le métier n’est pas lié au web ou à l’informatique ne savent pas que le moteur de recherche est simplement la partie immergée de l’iceberg.
    L’achat de pub est rassurant et en plus fonctionne immédiatement. Cela plait aux entreprises : retours immédiats et mesurables.

  3. j’ai ‘impression de rentrer dans un monde impitoyable
    en tout cas votre article est clair même pour quelqu’un de neuf dans cet univers
    merci

  4. Merci pour cet article très intéressant sur le référencement, je trouve dommage qu’ il n y ait pas plus de concurrent à Google , Google a un monopole presque total !

  5. Ça devient de plus en plus compliqué d’opérer dans le secteur. Google devient de plus en plus vorace et impitoyable, seuls les meilleurs survivront.

  6. L’algorithme de Google est en changement perpétuel, et l’ironie du sort, lorsque vous tapez « moteur de recherche » sur Google, ce dernier n’apparaît pas en première position…

  7. Bonjour Christophe,

    La réflexion de l’article est très intéressante ! Je pense que le travail va porter sur des action de fond visant à apporter de la notoriété à un domaine d’ou la nécessité d’utiliser les réseaux sociaux, d’user de la création de contenu et de créer un netlinking intelligent.

    amicalement

  8. @Pietre Je pense que google n’a vraiment passe besoin d’être positionn. sur moteur de recherche. Les gens tappent Google quand ils en ont besoin.

  9. Effectivement Google change perpétuellement, ceci est tout à fait normal.
    Google étant le leader, il faut obligatoirement passer par celui ci.

  10. C’est vrai que c’est de plus en plus compliqué mais je vois ça plutôt comme de nouveaux défis à relever. Il reste la solution de la pub comme vous dites mais bon, c’est enrichir un pour remercier un autre. C’est une stratégie bien rodée, on complique les choses pour s’enrichir avec la facilité.

  11. Personnellement, je trouve toutes ces évolutions vraiment bienvenues. On entend encore tellement d’absurdités au sujet du référencement dans le milieu… On est en 2012, plus en 2000 🙂
    Toutes ces mises à jour des algorithmes permettent de tendre vers plus de bon sens et de logique. Les sites qui sont les mieux construits sont les plus favorisés, à degré d’influence équivalent.
    On s’oriente de plus en plus vers un web sémantique, on identifie mieux les typologies de contenu. En parallèle, la nouvelle tendance d’Internet est à la mobilité et les supports associés impliquent encore plus de rigueur et d’exigence pour réaliser des contenus authentiques, cohérents et pertinents.
    Au-delà du monopole Google, je trouve pour le moment que toutes ces évolutions vont dans le bon sens !

  12. Le référencement est un secteur difficile, les enjeux sont importants et la concurrence est très grande. Je suis nouveau dans le domaine, mais il me semble déjà que sans la passion du métier, il sera difficile à tout professionnel de persévérer. Courage donc à tous!

  13. On a tendance à dire que le web devient social, en fait c’est un paradoxe le web était social il devient business on est même dans la pire situation de marché qui existe dans le domaine de la recherche sur Internet puisqu’il n’y a pas de parts de marché. Un cas d’école de commerce à traiter qui l’eut cru ?

  14. Le référencement naturel est en perpétuelle évolution, et Google accorde une prime de plus en plus importante à l’ancienneté des ndd. De facto, les travaux à engager sur un site jeune sont de plus en plus important pour se positinner sur des KW concurrentiels. La notion de branding et de construction de marque devient essentielle !

  15. De toutes façons, les référenceurs devront en permanence s’adapter à de nouveaux algos, et des mises à jours toujours plus puissantes. Google Panda était la dernière plus puissante mise à jour, et il a fait beaucoup de morts (ou d’heureux) dans le secteur… Il faut vivre avec et savoir s’adapter. Merci pour ce brillant article.

  16. Le référencement change régulièrement et les reférenceurs avec, il suffit juste de respecter les normes et règles de google et tout ira bien .

  17. Malgré (ou grâce à?) toutes les turpidudes endurées par ces incessants changements algorithmiques de la part de Google, le métier de référenceur conserve cet attrait à mon sens unique de pouvoir se remettre en cause et progresser dans son expertise à chaque grosse mise à jour de google

  18. Oui, la marge de manoeuvre se réduit pour les référenceurs, la concurrence s’intensifie et la moindre erreur peut être fatale. Décidément, le marché semble bel et bien consolidé…

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