Comment ça, pas de Powerpoint ?

Mort par Ppt
Powerpoint 1, Auditoire 0

Ça faisait bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé et j’en suis resté complètement décontenancé.

RDV référencement : d’habitude ça se passe comme ça (pour moi)

Depuis que je propose des prestations autour de la visibilité sur Internet, je rencontre de nombreuses entreprises et collectivités qui souhaitent améliorer leur référencement. Jusqu’à présent, les entretiens avec les prospects étaient restés très terre à terre : Présentation, quelle est la problématique, démystification des prestations proposées, études de cas clients, demande de références, visite du site web du prospect… Les échanges sont concrets, on part parfois un peu dans tous les sens mais au final, le prospect demande un devis pour une prestation.

Mais ça ne s’est pas passé ainsi lors de mon dernier RDV.

RDV référencement : l’entretien pas comme d’habitude

Topo rapide : Jolie PME installée dans des locaux tout neuf. Refonte de leurs sites web en cours. Besoin de mieux se référencer. Pré-RDV rapide pour présenter leurs refonte. Réunion avec leur agence web et 5-6 personnes du staff de la PME.

J’arrive 5 minutes en avance. On me fait patienter 20 minutes, le temps que la réunion précédente se termine. Pas cool mais ça arrive.

Une entreprise concurrente sort de la salle de réunion. Compréhensible, le prospect souhaite avoir plusieurs sons de cloches.

Arrive mon tour, on me propose de connecter mon ordinateur pour ma présentation.

Flashback lorsque j’étais salarié et que j’accompagnais le technico-commercial qui m’emmenait en RDV clientèle et qui projetait de belles courbes sur Powerpoint pour cacher son manque de compétences techniques. Ces présentation avec slides insipides m’ont toujours énervé et j’ai beaucoup de mal à comprendre qu’un commercial puisse privilégier ce support de communication à un vrai échange personnalisé répondant aux questions du prospect. Bref. Retour au présent.

Diantre ! Je n’ai pas de Powerpoint. En fait si, j’en ai mais ce sont les supports des ateliers et conférences que je donne à la CCI. J’explique alors à mes interlocuteurs que je n’ai pas de présentation à projeter. Remous dans les rangs, tortillage de fesses sur les sièges. C’est mal parti.

Puis je présente rapidement la société et son positionnement afin d’enchainer rapidement sur les habituels échanges de questions/réponses dont mes précédents RDV ont toujours été friands.

Sauf qu’il n’y a pas de questions. Ok, je commence à sentir que ça cloche vraiment.

Finalement quelques perches me sont tendues. Explications de ma part (en français, pas en informaticien hein !). Pas de retours alors que la plupart du temps, mes interlocuteurs répliquent par une floppée de nouvelles questions en cascade à mes réponses. Quelques chuchotements entre eux lorsque je leur dis que la balise MetaKeyword ne sert plus à rien pour le référencement depuis de nombreuses années (leur précédent prestataire optimisait justement ces balises !)

Je leur explique enfin que leur secteur étant concurrentiel (immobilier et tourisme), leur site web plaquette nécessitera pas mal de boulot. Patatra ! J’ai osé dire que leur nouveau site web sera un site web plaquette. Bourde irrécupérable. Grondement de mon auditoire. On m’informe que de nombreuses mises à jour (environ une page tous les 2-3 mois) seront réalisées et que leur site ne sera donc pas un simple site web vitrine. Je tente de leur expliquer que le Dieu Google préférera certainement leurs concurrents qui ré-actualisent leurs sites plusieurs fois par jour que le leur et qu’ils ont donc la un point faible sur lequel il faudra travailler.

J’enchaine en leur présentant l’importance des BLs. Je leur explique qu’un des facteurs clés en référencement est le nombre et la qualité de liens pointant vers eux et que nous devrons donc miser beaucoup sur cet aspect si on ne peut pas produire plus de contenu sur leur site web.

Blanc.

On me remercie.

En me raccompagnant à la porte, on me demande une plaquette (une quoi ? Ah…, le truc qui va avec le Powerpoint…) ainsi qu’une offre ! Je manque d’exploser de rire. Le client ne m’a pas dit ce qu’il voulait. Pas d’objectifs définis, pas de budget, pas de mots clés précis visés. Et moi je dois leur fournir un devis…

Conclusion

  • Complètement surpris par la tournure de la réunion, je pense avoir magistralement raté mon entretien et donc être passé à côté de la prestation, dommage il y avait du boulot à faire.
  • Faire des Powerpoint (non j’déconne). Mais prévoir quand même une présentation plus commerciale pour les entreprises le souhaitant.
  • Quelques jours auparavant, je me suis rendu chez un autre prospect visant la même type de clientèle. Bien plus important que le RDV dont je parle dans cet article, la réunion s’est pourtant très bien passée. Peut-être que mon auditoire avait déjà subi plusieurs entretiens Powerpoint de la part de mes concurrents et s’est retrouvé déstabilisé par mon approche ? Peut-être qu’étant eux-même powerpointophiles, ils ne conçoivent pas un échange sans ce support ?
  • C’est bien de se défouler sur son blog !

Qu’en pensez-vous ?

Photo : Mafflong

20 réflexions au sujet de « Comment ça, pas de Powerpoint ? »

  1. Passe ton chemin !
    S’ils insistent pour que tu leur fasses une offre, refuse ! Explique leur que c’est aussi stupide que de demander « c’est quoi le prix d’une maison ? ».

    Un client qui est pénible avant la prestation, sera pénible pendant la prestation et après la prestation.

  2. Sans précisions supplémentaires, il est clair qu’aucune offre sérieuse n’est envisageable. Et répondre quand même montrerait que le référencement est un ensemble de prestation dans lesquelles on oublie que chaque client est unique et que le SEO peut se vendre en « pack » :
    pack gold et tu as le sitemap.xml ajouté,
    pack diamond et l’inscription automatique dans 50000 moteurs est assurée
    et enfin pack platinum, création de page facebook et twitter 😉

  3. En fait, ce qui est déconcertant, c’est que ce client a probablement entendu plusieurs sons de cloche (en dehors du prestataire qui passait avant vous).
    Je n’aise imaginer que plusieurs personnes luiont dit que la meta keyword allait leur servir à quelque chose !

    En fait, je pense sincèrement qu’avec ce genre de client, tu peux laisser passer 2 ans, puis tu reviendras vers eux en leur demandant si maintenant ils sont intéressés par un stratégie qui donne de vrais effets.

    Sinon, merci, j’ai bien rit 😉

  4. Ce que j’en pense? Et bien que tu n’as rien perdu car cette entreprise aurait fait sans aucun doute un très mauvais client 😉
    Merci pour la tranche de rire en tous cas!!

  5. Je suis du même avis que Marie, tu n’as rien perdu, parce que je ne vois pas comment on peut faire un devis pour un référencement sans aucune information. Mais bon avec le temps ils se rendront peut être compte de leur erreur en ayant choisi un prestataire surement low coast et ayant des compétences non mises à jour.

  6. Pas forcément, je pense que je n’ai, au final, pas répondu sur le plan qu’ils attendaient. Je pense qu’ils seront plus séduits par une agence avec un discours commercial mieux rodé.

  7. Bon, pour le coup du powerpoint, un paperboard peut très bien faire l’affaire. Par contre, je ne comprends pas que vous n’ayez pas posé vous même plus de questions à votre auditoire concernant ses besoins. Cela aurait pu dérider vos interlocuteurs. Mais visiblement, ils ne savaient pas franchement de quoi il en retournait.

  8. Peut-être que mes interlocuteurs en savait déjà suffisamment et que les questions avaient déjà toutes été posées à mes prédécesseurs. Dans tous les cas, il est clair que je n’ai pas réussi à les séduire / interpeller. J’ai aussi été surpris par la fin de l’entretien brusque qui ne m’a pas permis de poser les questions nécessaires (objectifs, budget, mots clés…)

  9. Merci pour cette tranche de (vie) rire.
    1. Effectivement ton client n’est sans doute pas mur pour l’instant. Cela arrive mais ce n’est pas forcément rédhibitoire. Parfois un bon éléctro-choc remets les idées en place. 1 ou 2 liens qui expliquent les pièges ou les arnaques des pseudo-référenceurs peut aider 😉
    2. Client chiant avant == client chiant pendant
    3. Explique leur que pour ton devis, il faut qu’ils délimitent le champ de tes prestations ou le budget qu’ils veulent y consacrer.
    4. Annonce leur que si vous ne travaillez pas ensemble, tu te tiens à leur disposition dans un an ou 2 quand ils voudront travailler avec un professionnel qui fait du référencement et pas un commercial qui fait du powerpoint.

    Moi non plus j’ai pas de plaquette ni de présentation powerpoint à mes couleurs 😉

  10. @Charles Boone : « Client chiant avant== client chiant pendant »
    Excellentissime : s’il n’y a pas de copyright sur cette expression, je me permets de la mettre dans mon recueil de phrases « web-anthologiques »…

  11. Génial !
    Il y a aussi l’article de Clive Thompson qui avait fait sensation en 2003 dans le Times

    Dans un monde de faux-fuyants où manipuler les faits est aussi important que de les exposer clairement, peut-être que si vous n’avez rien à dire, vous avez seulement besoin du bon outil pour vous aider à ne rien dire.

  12. J’en pense que certains clients ont déjà une idée toute faite de ce qu’ils attendent, et les prestataires ont chacun une vision de leur métier, quel qu’il soit. Personnellement, et même si ça m’amène moins de contrats, je préfère travailler dans une direction que je pense bonne et conseiller mes clients en conséquence plutôt que de m’écraser systématiquement sur les exigences parfois farfelues des clients souvent mal informés. Mais après tout, c’est normal qu’ils soient mal informés quand ils commencent à s’intéresser à un nouveau métier qu’ils souhaitent déléguer à un prestataire tiers, puisqu’il manque justement, à cette étape, ce fameux prestataire tiers qui pourrait les conseiller.

    Bref, ceci pour dire que tout client ne correspond pas à tout prestataire, et que les clients formidables des uns feraient des clients catastrophiques pour d’autres. Il est donc aussi important de choisir ses clients que de choisir ses prestataires ! 🙂

    Pour ce qui est de la « meta keywords », si tout référenceur qui se documente ne serait-ce qu’un minimum est au courant qu’elle est effectivement ignorée depuis près d’une décennie par tous les moteurs de recherche populaires (du moins : Google, Yahoo!, Bing) du fait, notamment, de gros abus durant l’époque du far west du web, à savoir les années 1990 avec son web spam à profusion pour les sites X et casinos en ligne, je maintiens qu’une fois qu’une page est jugée pertinente sur un sujet, on peut tout à fait exploiter cette balise de manière pertinente afin d’en améliorer le positionnement, ne serait-ce qu’entre les pages du même site, comme le faisait Yahoo! jusqu’à il y a quelques deux ou trois ans. Après tout, ne se fie-t-on pas aux liens, que l’on peut manipuler, eux aussi, et parfois même aveuglément, comme c’est le cas des « tags » associés aux vidéos ?

  13. Je sens que je vais me faire huer mais je ne vois pas le soucis de Powerpoint lorsqu’il est bien réalisé surtout si c’est pour le remplacer par un outil similaire ou un peu plus évolué comme j’ai pu le dire.

    Le powerpoint est un outil permettant d’introduire chacun des points que tu développes à l’oral devant le client, un support leur permettant de comprendre plus facilement ce que tu leurs explique en détails d’autant plus lorsque tu est face à un auditoire encore peu ouvert au web et encore moins au SEO. Cela revient à mettre une image dans un article, ça permet de clarifier et d’amener à chaque slide de nouvelles questions… après encore faut-il être prêt à ne pas uniquement suivre son ppt.

    D’autant plus que dans la situation actuelle tu étais finalement dans le rôle du commercial, et le commercial il enveloppe le tout dans un joli packaging car ça permet de mieux vendre…le choix après c’est est-ce que tu souhaites faire ta croisade pour changer l’esprit de tes clients face aux présentations powerpoint ou vendre tes prestations.

    Par contre je suis d’accord que sans powerpoint une présentation devant des prospects n’est pas impossible (loin de là, comme tu l’expliques en début d’article).

    Mais bon le pire, mais qui m’a bien fait rire, c’est le coup des chuchotements lorsque tu parles des meta inutiles 😀 Et aussi le fait qu’ils semblaient se braquer puisque tu n’avais pas de powerpoint, car même si j’en vois l’utilité, ça n’empêche pas de proposer une bonne presta ^^

  14. Hé oui homonyme complet… Entre Christophe BENOIT… Je persiste à dire que PowerPoint est une arme de destruction massive au bonheur de partager et de se réunir en entreprise; même dans un contexte de contact commercial. Néanmoins prévoir 3, 4 slides pour se présenter est important. En tant que consultant, je ne me centre que sur le besoin précis avant de perdre mon temps…. Très cordialement

  15. Excellent !!

    Je peux parfaitement imaginer l’audience, l’obligation de chacun de se rendre à cette « réunion pour voir passer les uns après les autres des fournisseurs, organisée par un p’tit gars (ou une p’tite dame), et où chaque personne dans l’entreprise est impliquée dans le projet »… et où en fait personne ne l’est vraiment.

    Ca FAIT PEUR !!!

    Bien, belle expérience.

    Pour les prochaines fois, toujours pas de « slide-show », mais quelques exemples bien choisis d’efficacité (ou inefficacité) de référencements, de sites mis à jour très régulièrement, quitte à faire une démo en temps réel si la salle offre un connexion internet.

    Dans ce cas-là, si ça réussit, c’est mettre tous les autres concurrents à la mer, sans jamais avoir parlé comme eux…

    Merci du partage.

  16. Quelque soit le type de client, on prépare toujours une pres (sur Powerpoint, oui !), parce que le but d’un RDV commercial, c’est d’en mettre plein la vue au client et de repartir avec un chèque/accord ! Après, faire une prestation honnête derrière n’est plus qu’une option…C’est ainsi que fonctionnent les choses, et il est complètement utopiste à mon sens de croire qu’être honnête peut suffire. Il ne s’agit pas pour autant d’être malhonnête, mais de trouver le bon équilibre entre « vendeur-copieurs » et « référenceur éthique ». Pas facile, je te l’accorde, mais je pense qu’il est essentiel de savoir s’adresser à n’importe quel type d’interlocuteurs, et malheureusement…ben les gogos qui aiment quand ça claque et quand ça brille, ça court bien plus les rues que les mecs qui réfléchissent et qui font des choix stratégiques (et ça, c’est du vécu d’entreprise, pas d’indépendant). A la base, je suis comme toi, avec une vision assez romantique de la vente (tu m’excuseras le terme). Heureusement, ce n’est pas moi qui m’en occupe ! J’interviens pour le petit plus crédibilité et empathie, mais je n’ai pas l’âme commerciale et j’aurais bien du mal à vendre seule si on s’en tenait à mon discours, bien trop naïf je dois l’admettre.
    Ceci étant, tu as l’air de très bien t’en sortir sans sortir de lapins de ton chapeau. Mais cette expérience montre quand même que tu es limité à un certain type de clients, ce qui peut éventuellement te porter préjudice. Après, tu me répondras que chacun voit midi à sa porte. C’est pas faux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *